vendredi 6 janvier 2017

Oubliez vous sur la route, laissez y votre peau de serpent et montrez votre cœur

Nous sommes tellement habitués à porter exclusivement notre regard vers l'extérieur que nous avons pratiquement perdu tout accès à notre être intime. Nous sommes épouvantés à l'idée de regarder en nous-mêmes, parce que notre culture ne nous a donné aucune idée de ce que nous allons y trouver. Nous pouvons même craindre que cette démarche ne nous mette en danger de folie. C'est là l'ultime et ingénieux stratagème de l'ego pour nous empêcher de découvrir notre vraie nature. 

Nous nous créons ainsi une vie tellement trépidante que nous éliminons le moindre risque de regarder en nous-mêmes. Même l'idée de méditation peut être effrayante pour certains. Lorsque nous entendons des expressions telles que « sans ego » ou « vacuité », nous imaginons que faire l'expérience de ces états équivaudrait à être éjecté d'un vaisseau spatial pour flotter à jamais dans un vide obscur et glacé. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. Mais, dans un monde voué à la distraction, le silence et la tranquillité nous terrifient. Nous nous en préservons par le bruit et une activité effrénée. Examiner la nature de notre esprit est la dernière démarche que nous oserions entreprendre. 

AUSSI, Si vous asseoir et méditer vous paralyse, faites donc un pèlerinage à pieds, ou en fauteuil si vous êtes déjà paralysé. Mais lâchez le toit de votre véhicule ou de votre maison qui empêche votre esprit-coeur de s'élever.

lundi 28 novembre 2016

Bon temps d'Avent 2016 sur la Route

Le prophète Isaïe sait que le Seigneur Dieu est créateur de tous les biens de la terre. Le Seigneur prend soin de celui qui cultive la terre*, et ses récoltes sont un don de Dieu. Mais pour autant, l’agriculteur et le jardinier ne restent pas les bras croisés à attendre passivement que ça pousse.

Les mauvaises herbes et les ronces arrivent toutes seules.

Reconnaître que tout est don n’est pas une attitude passive, c’est au contraire entrer dans la logique du don et devenir soi-même donateur.

Notre dignité, c’est de nous accorder à cette perspective.

La foi transforme toutes les réalités matérielles en biens porteurs de symboles. Dans le royaume des Cieux, sur la terre comme au ciel, le ministre de l’Économie des biens symboliques stimule ses administrés en leur disant que plus on partage les biens symboliques, plus il y en a : leur distribution les multiplie. La puissance de vie du Créateur fait germer la vie qui s’offre en partage.

C’est la foi qui fait vivre, foi au Créateur et non pas foi au blé, aux carottes, au pétrole, aux ordinateurs. Ce ne sont pas les choses données, mais le geste du don qui nous fait vivre, parce que le don transforme une chose matérielle en cette même chose devenue vivifiante.

Nous sommes sans cesse tirés vers le péché qui nous fait prédateurs avides alors que la foi nous transforme en donateurs prodigues. Les réalités matérielles, physiques, techniques, financières, économiques, nous tirent vers l’inerte et vers la mort, mais lorsqu’elles sont reconnues par la foi comme étant données, elles nous poussent dans la vie. On donne sa vie pour ceux qu’on aime en partageant des choses concrètes avec eux.

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* Livre d’Isaïe, chapitre 4, verset 6.
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« L'action consiste à être véritablement attentif à vos pensées, bonnes ou mauvaises, à examiner la nature véritable de toute pensée qui s'élève, sans remonter au passé ni solliciter le futur, sans vous permettre de vous attacher aux expériences de joie ni d'être abattu par les situations tristes. Par là même, vous essayez d'atteindre l'état de grand équilibre et d'y demeurer ; là, bien et mal, paix et détresse, sont dénués d'identité véritable.» 

DUDJOM RINPOCHÉ.

 Pour aller plus loin :
Cf. chapitre 10, page 309 
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort,
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche

Invitation à la contemplation

Quels sont les cinq pouvoirs ou « sagesses » du miroir représentant la nature de l'esprit ? 

Pour mémo :

« L'action consiste à être véritablement attentif à vos pensées, bonnes ou mauvaises, à examiner la nature véritable de toute pensée qui s'élève, sans remonter au passé ni solliciter le futur, sans vous permettre de vous attacher aux expériences de joie ni d'être abattu par les situations tristes. Par là même, vous essayez d'atteindre l'état de grand équilibre et d'y demeurer ; là, bien et mal, paix et détresse, sont dénués d'identité véritable. »

samedi 26 novembre 2016

Ignorants comme la grenouille du puits ?

Enfermés dans la cage sombre et exiguë que nous nous sommes fabriquée et que nous prenons pour la totalité de l'univers, rares sont ceux d'entre nous qui peuvent seulement imaginer qu'il existe une autre dimension de l'esprit.

Patrul Rinpoché raconte l'histoire d'une vieille grenouille qui avait passé sa vie entière dans un puits humide et froid. Un jour, une grenouille qui venait de la mer lui rendit visite. 

« D'où viens-tu ? demanda la grenouille du puits.
- Du grand océan, répondit la grenouille de la mer.
- Il est grand comment, ton océan ?
- Il est gigantesque.
- Tu veux dire à peu près le quart de mon puits ?
- Plus grand.
- Plus grand ? Tu veux dire la moitié ?
- Non, encore plus grand.
- Est-il... aussi grand que ce puits ?
- C'est sans comparaison.
- C'est impossible ! Il faut que je voie ça de mes propres yeux ! » 

Elles se mirent toutes deux en route. Quand la grenouille du puits vit l'océan, ce fut un tel choc que sa tête éclata. 

 Pour aller plus loin :
Cf. chapitre 4, page 96 
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort,
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche

Invitation à la contemplation

À quoi Sogyal Rinpoché compare-t-il notre vraie nature et la confusion de notre esprit ordinaire ? 

Pour mémo :

Patrul Rinpoché raconte l'histoire d'une vieille grenouille qui avait passé sa vie entière dans un puits humide et froid. Un jour, une grenouille qui venait de la mer lui rendit visite. « D'où viens-tu ? demanda la grenouille du puits.
- Du grand océan, répondit la grenouille de la mer.
- Il est grand comment, ton océan ?
- Il est gigantesque.
- Tu veux dire à peu près le quart de mon puits ?
- Plus grand.
- Plus grand ? Tu veux dire la moitié ?
- Non, encore plus grand.
- Est-il... aussi grand que ce puits ?
- C'est sans comparaison.
- C'est impossible ! Il faut que je voie ça de mes propres yeux ! » Elles se mirent toutes deux en route. Quand la grenouille du puits vit l'océan, ce fut un tel choc que sa tête éclata.

Comme le Ciel face aux nuages de nos vies.

Quel que soit notre mode de vie, notre nature de bouddha demeure toujours présente - et toujours parfaite. Nous disons que même les bouddhas, dans leur infinie sagesse, ne peuvent l'améliorer et que les êtres sensibles, dans leur confusion apparemment illimitée, ne peuvent la dégrader.

On pourrait comparer notre vraie nature au ciel et la confusion de notre esprit ordinaire aux nuages. Certains jours, le ciel est complètement voilé et, du sol, en levant les yeux, il est difficile d'imaginer là-haut autre chose que des nuages. Pourtant, il suffit de se trouver dans un avion en vol pour découvrir qu'il existe, au-dessus d'eux, un ciel pur et illimité. Ces nuages, qui nous avaient semblé occuper tout l'espace, apparaissent alors bien petits et bien lointains.

Efforçons-nous de garder toujours présent à l'esprit que les nuages ne sont pas le ciel et ne lui « appartiennent » pas. Ils flottent et passent là-haut, d'une façon fortuite et légèrement ridicule. En aucune manière, ils ne peuvent tacher le ciel ou y laisser leur empreinte.

 Pour aller plus loin :
Cf. chapitre 4, page 109 
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort,
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche

Invitation à la contemplation

En quoi consiste l'action selon Dudjom Rinpoché dans le cadre des enseignements sur la Vue, Méditation, Action ? 

Pour mémo :

On pourrait comparer notre vraie nature au ciel et la confusion de notre esprit ordinaire aux nuages. Certains jours, le ciel est complètement voilé et, du sol, en levant les yeux, il est difficile d'imaginer là-haut autre chose que des nuages. Pourtant, il suffit de se trouver dans un avion en vol pour découvrir qu'il existe, au-dessus d'eux, un ciel pur et illimité. Ces nuages, qui nous avaient semblé occuper tout l'espace, apparaissent alors bien petits et bien lointains.

jeudi 24 novembre 2016

Pas de bonheur égoïste

Nous pouvons dire, et même être à demi convaincus, que la compassion est merveilleuse mais, dans les faits, elle demeure profondément absente de nos actions, qui causent, à nous-mêmes comme à autrui, presque uniquement frustration et détresse au lieu du bonheur dont nous sommes tous en quête.

N'est-il pas absurde par conséquent que nous souhaitions tous le bonheur, mais que la majorité de nos actions et de nos émotions nous en écarte directement ?

Quelle est notre idée du bonheur ?

Un égoïsme rusé, narcissique, ingénieux, un protectionnisme de l'ego qui peuvent parfois, nous le savons tous, nous rendre extrêmement durs.

En fait, c'est exactement l'opposé qui est vrai : examinés attentivement, fixation égocentrique et amour de soi immodéré se révèlent être la racine même de tout le mal que nous infligeons, tant aux autres qu'à nous-mêmes.

 Pour aller plus loin :
Cf. chapitre 12, page 346 
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort,
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche

Invitation à la contemplation

Devrions-nous n'avoir aucune pensée, aucune émotion lorsque nous méditons ?

Pas de fumée sans feu

Certaines personnes pensent que, lorsqu'elles méditent, elles ne devraient avoir aucune pensée, aucune émotion. Si pensées ou émotions se manifestent, cela les contrarie, les fâche contre elles-mêmes et les persuade qu'elles ont échoué.

Rien n'est moins vrai.

Ainsi que le dit un proverbe tibétain : « C'est beaucoup demander que de vouloir de la viande sans os et du thé sans feuilles. ».

Tant que vous aurez un esprit, des pensées et des émotions s'élèveront.

 Pour aller plus loin :
Cf. chapitre 5, page 155 
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort,
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche

Invitation à la contemplation

Quelle histoire raconte Patrul Rinpoché pour illustrer notre difficulté à imaginer qu'il existe une autre dimension de l'esprit que celle que nous nous sommes fabriquée et que nous prenons pour la totalité de l'univers ? 

Pour mémo :

Tant que nous aurons un esprit, des pensées et des émotions s'élèveront.

mardi 22 novembre 2016

Face aux doutes et face à la Vérité


Le Bouddha nous exhorte à un autre type de doute, comme « lorsqu'on analyse l'or en le chauffant, l'entaillant et le frottant afin d'en tester la pureté ».

Mais nous ne possédons ni le discernement, ni le courage, ni l'entraînement nécessaires pour cette forme de doute qui, si nous la suivions jusqu'au bout, nous exposerait réellement à la vérité. Notre éducation nous a habitués à un esprit de contradiction si stérile que nous sommes incapables d'une ouverture réelle à une vérité plus vaste, susceptible de nous ennoblir. 

Je vous demanderai de remplacer le doute nihiliste de notre époque par ce que j'appelle un « doute noble », cette sorte de doute qui fait partie intégrante du chemin vers l'éveil.

Menacé d'extinction, notre monde ne peut se permettre de bannir la vérité immense des enseignements mystiques qui nous ont été transmis. Au lieu de mettre en doute ces enseignements, pourquoi ne pas prendre conscience de notre ignorance et douter de nous-mêmes, de notre conviction d'avoir déjà tout compris, de notre attachement et de nos faux-fuyants ?

Pourquoi ne pas remettre en cause notre passion pour de prétendues explications de la réalité qui n'évoquent en rien la sagesse majestueuse et universelle que les maîtres, ces messagers de la Réalité, nous ont révélée ? 

 Pour aller plus loin :
Cf. chapitre 8, page 242 
Le Livre tibétain de la Vie et de la Mort,
Nouvelle édition augmentée, Le Livre de Poche

Invitation à la contemplation

Question du jour (réponse dans l'étincelle de demain)

Quelle est notre idée erronée du bonheur ?